
La chute d’Icare.
L’homme ne vole pas, mais le ciel et les airs l’attirent comme une sorte d’idéal inaccessible. Se délivrer des pesanteurs du sol. Qui n’a rêvé d’une telle possibilité ? Ivresse. On s ‘affranchi des limites. La légende d’Icare raconte comment pour la première fois dans l’histoire l’homme est devenu oiseau .
Dédale, l’ingénieux, prisonnier avec son fils, prisonnier du roi Minos, dans le labyrinthe, s’exclama : « Minos a beau gouverner toute chose, il ne gouverne pas le airs. Le ciel du moins leur reste ouvert. ». Ainsi les deux hommes s’échappèrent du palais crétois. Chacun connaît l’histoire ou du moins croit la connaître.
Icare trop près du soleil fit fondre la cire qui maintenait les plumes de ses ailes, et disparu dans les fonds de l’eau céruléenne, près de l’île d’Ikaria. Mais sait-on que Dédale réussit son voyage et se retira près du roi Cocalos en Sicile. La chute culpabilisatrice d’Icare cru condamner le vol pour longtemps.
Pourtant le 19 septembre 1783, un coq, un mouton et un canard firent l’expérience du premier vol habité, tandis que le 21 novembre Jean-François Pilatre de Rosier et le marquis d’Arlande eurent le bonheur d’être les premiers humains à rejoindre l’éther. Après des débuts prometteurs, les montgolfières vont être supplantées par les Charlières, les ballons à gaz dont le premier s’envola le 1 er décembre 1783 du jardin des tuileries avec à son bord Nicolas Robert. Ils atterrirent à Nesles-la-Vallée. Dès le premier vol, Jacques Charles avait prévu l'appareillage qui équipe les ballons encore aujourd'hui : enveloppe vernie, filet, panier en osier, gonfleur supplémentaire, volet pour la pression, ballaste et ancre. Il emmena également différents instruments scientifiques.
Oublié la malédiction d’Icare, l’homme vole et il vole de mieux en mieux.
Dès les premiers ballons en 1783, l'idée de dirigeable est née, le général Jean-Baptiste-Marie Meusnier conçoit un ballon de forme ellipsoïdale, muni d'un gouvernail, mais à l'époque aucun moteur n'existe.
C'est le 24 septembre 1852, qu'Henri Giffard fait un vol de démonstration entre Paris et Trappes. Le 9 août 1884, Charles Renard et Arthur Krebs font revenir leur dirigeable La France à leur point de départ, un petit voyage de huit kilomètres. Il est propulsé par un moteur électrique de 8 cv. Le 3 novembre 1897, David Schwartz à Berlin fait s'élever le premier dirigeable entièrement en métal. Le vol se terminera malheureusement par un écrasement au sol. Le premier vol d'un Zeppelin se fera le 2 juillet 1900, en Allemagne, sur le lac de Constance, le vol du premier dirigeable rigide Zeppelin, le LZ-1.
Alberto Santos-Dumont réalise l'exploit d'un aller-retour en moins de 30 minutes entre Saint-Cloud et la Tour Eiffel le 19 octobre 1901, avec son dirigeable n° 6. Le 12 novembre 1902, le premier dirigeable semi-rigide des frères Lebaudy, conçu par l'ingénieur Henri Julliot, fait le trajet Paris - Moisson.
Revenons à Icare, que nous dit réellement sa légende devenu mythe. Est ce l’artifice de la technique qui le conduit à la mort ? Est ce l’imprudence ? Le manque de prévision, le manque de responsabilité ? La question mérite d’être posée. La cire avait collé les plumes, il fallait garder sa distance, pas trop près de la mer avait dit Dédale, pour que l’humidité n’alourdisse pas les ailes, pas trop près du soleil, pour que la chaleur ne fasse pas fondre la colle et disperser les plumes. Le soleil approché de trop près a donc détruit les ailes. Le jeune Icare est pris par la hâte de vivre, les ailes du moment de l’ivresse ont conduit à l’oubli. L’oubli des conseils du père, l’ingénieux, celui qui savait, celui qui connaissait l’histoire. Il aurait fallu, par lucidité, garder toujours présentes, les conditions matérielles de l’envol, et le savoir transmit.
Depuis le XVIII ème siècle l’histoire des ballons dirigeables s’écrit. Si l’on ne retient que le souvenir des Zeppelin, ces paquebots du ciel, on oublie trop souvent que les petits dirigeables furent l’objet de constante recherche, la Baladeuse de Santos Dumont, le Moto ballon de la firme française Zodiac, où encore le dirigeable à rame de l’américain Baldwin. De la seconde guerre mondiale à nos jours de nombreux projets de dirigeable pour un ou deux passagers se sont développés. En 1998 la France créer la classe 5 ULM, première réglementation. Des petits ballons, Aéroplume, Voliris, Zeppy, Electroplume nous montre que l’on peut concevoir des ballons de petites taille à l’instar de la fameuse Balladeuse. Par tout dans le monde des projets semblables se créent.
L’équipe de classe 5 ulm se propose de vous rapporter cette histoire, de vous informer de l’avancement des idées et des travaux de ces ingénieux fous volant